Transmettre l’essentiel à l’école (et à la maison) Isabelle Servant

Transmettre l’essentiel à l’école (et à la maison) Isabelle Servant

Je voulais vous parler d’un livre que j’ai profondément aimé et qui m’a beaucoup éclairé sur le type d’apprentissages que je souhaitais offrir à mes enfants et également sur le type d’école qui aurait pu convenir à mes enfants.

J’en ai déjà parlé mais nous avons eu pendant plus d’un an le projet de nous expatrier dans les pays nordiques. Ce projet ne s’est pas fait (en tout cas pour le moment) mais la raison essentielle qui nous donnait envie de partir était les méthodes d’éducation notamment en Finlande.

Ce livre aborde les différents enseignements qu’il serait essentiel de proposer à l’école pour permettre à nos enfants d’être heureux, de travailler sereinement et d’être prêt pour demain. Elle a énormément documenté son ouvrage d’expériences à travers le monde, de témoignages et de ressources complémentaires.

Isabelle Servant accueille au fil des pages de son livre de nombreuses personnes qui ont elles aussi réfléchi à la question (et pour certaines qui ont mis en place des solutions alternatives à l’école classique Française) pour leur demander de lister leurs 5 essentiels à transmettre à l’école.

Ce livre m’a redonné espoir sur un autre avenir possible pour l’école Française. Il m’a aussi permis de découvrir une multitude d’expériences, de concepts, de projets qui vont alimenter notre école à la maison. Le seul bémol à ce livre est peut-être sa trop grande richesse en ressources complémentaire. J’ai mis plus de temps à aller voir toutes celles proposées qu’à lire le livre ;-).

Je l’ai conseillé autour de moi notamment à mes copines et belle sœur instit qui comme moi rêve d’une école différente pour nos enfants.

Bonne lecture à tous

La dyslexie, dysorthographie

La dyslexie, dysorthographie

Je ne vais pas, ici, vous faire un cours sur la dyslexie mais elle fait partie de notre quotidien avec 2 enfants sur 4 qui en sont atteints et elle a, fortement, orienté notre choix de faire l’école à la maison pour nos deux plus jeunes.

Pour notre grand garçon, Ingo, aujourd’hui 13 ans, le diagnostic a été posé vraiment très tard. C’est à l’entrée en CM2, avec un changement d’école dû à notre déménagement, que sa nouvelle maîtresse nous a alertés sur les difficultés qu’il rencontrait. En effet, jusque là, on avait surtout tendance à nous dire que notre fils était lunaire, rêveur, qu’il était légèrement feignant, ne travaillait pas assez… Le nouveau regard apporté par cette enseignante a tout changé pour nous mais, surtout, pour notre fils. Il a été pris en charge au niveau orthophonique, de notre côté, notre regard a également changé et notre présence à ses côtés s’est modifiée.

Forcement, nous nous en sommes voulus d’être passés à côté de ce trouble mais, en tant que parents, non sensibilisés à cet handicap, nous ne pouvions pas savoir. Les années de primaire ont été douloureuses pour lui car cette dyslexie lui a demandé une très grande adaptabilité pour tenter de compenser ce trouble.

Nous sommes très fiers de lui et du chemin qu’il a parcouru car nous savons, maintenant, ce qu’il lui en a coûté.

Il est, maintenant, en 4ème dans un collège général sensibilisé aux troubles ‘dys’ et un suivi particulier lui est apporté par l’équipe enseignante qui adapte, quand cela est possible et nécessaire, les techniques d’apprentissage ou de prise de notes pour les leçons.

Quand les doutes ont commencé à surgir pour notre troisième au CP, nous avons tout de suite pris les devants (en plus, la maîtresse qui avait diagnostiqué Ingo, était celle qui avait, cette année-là, pris les CP). Le bilan orthophonique est venu confirmer cette dyslexie et Umberto est maintenant suivi de manière hebdomadaire.

Cet article, nous avons souhaité l’écrire pour permettre aux parents de dédramatiser.

Un enfant ‘dys’ est un enfant intelligent, il a seulement une difficulté particulière dans la lecture et, bien souvent, l’écriture/l’orthographe. Cela ne veut pas dire qu’il ne comprend pas, qu’il est idiot,… il mettra juste plus de temps à lire l’information demandée ou à écrire correctement (sans faute) ce qu’il doit copier.

Ce sont souvent des enfants qui ont une très grande sensibilité (en tout cas, c’est le cas pour nos deux garçons). Ils développent aussi tout un tas de compétences parallèles, qu’il faut, nous parents et éducateurs, valoriser et développer au maximum car quand la confiance en soi est abîmée, c’est difficile de la re-consolider et les apprentissages difficiles deviennent une vraie corvée, un vrai supplice.

Nous venons de regarder en famille cette vidéo de C’est pas sorcier qui explique très bien d’où vient le problème, et qui insiste sur le fait que tous ces enfants (qui représenteraient entre 6 à 8% des jeunes enfants) ont une intelligence tout à fait normale.

Quand la voie lexicale est touchée, comme c’est le cas pour nos garçons, ils sont obligés de prononcer le mot dans leur tête pour en comprendre le sens mais lorsqu’ils rencontrent un mot qui ne s’écrit pas comme il se prononce, ce processus de déchiffrage va être plus compliqué.

Nous connaissons tous des dyslexiques qui s’en sont très bien sortis :

Même sans chercher si loin 😉

Et comme je le disais plus haut, ce sont souvent des enfants qui développent énormément d’autres qualités :

Aujourd’hui, nous en savons plus sur cet handicap, trouver des ressources est possible, adapter les apprentissages aussi et mettre en place des solutions alternatives est plus simple alors osons en parler autour de nous, osons demander conseil et travaillons tous dans l’intérêt de nos enfants.

L’enseignement explicite

L’enseignement explicite

Euh,… de quoi je vous parle là ?!

Et bien, tout simplement du fait qu’il faut expliquer à nos enfants comment faire, pour bien faire (pour paraphraser le super site de maitresseuh).

Deux de mes loulous sont dyslexiques et dysorthographiques, cette étape est donc essentielle pour eux.

Ils sont, tous les deux, très intelligents mais on tendance à :

  • rencontrer des difficultés à entrer dans une activité s’ils la jugent au premier abord difficile,
  • avoir des difficultés avec la lecture des consignes et, du coup, être persuadés qu’ils ne vont pas y arriver,
  • manquer de confiance en eux et se rabaisser systématiquement, si une bienveillance n’est pas là en soutien,
  • manquer d’autonomie vu que les consignes sont difficiles à lire, c’est handicapant pour la suite des exercices, même s’ils savent très bien faire la suite,
  • avoir des compétences dans pleins de domaines, mais avoir du mal à le reconnaître, à les valoriser et à les mobiliser,
  • se démotiver assez rapidement si l’effort demandé est trop conséquent dès le début avant même d’être lancé.

En expliquant la démarche qui va être utilisée, les consignes, les compétences qui vont être mobilisées mais également l’objectif final, il est beaucoup moins difficile de s’y mettre car le chemin est beaucoup plus clair : quoi, comment, pourquoi et avec quels outils.

Comment augmenter l'implication des élèves avec l'Enseignement Explicite
source : maitresseuh

Les méthodes d’enseignement structurées sont à privilégier pour les enfants ayant des troubles, ‘dys’ notamment. Elles leur évitent de se perdre dans une masse d’informations (parfois inutiles) afin d’aller droit au but. L’enfant ne se retrouve pas devant une nébuleuse, il sait où aller et comment s’y prendre. Il a, ensuite, bien souvent les capacités pour trouver les bonnes réponses par lui-même si tout est clair au début.

Le fait expliciter les consignes va permettre à l’enfant de se retrouver en terrain moins mouvant, il va se sentir en confiance et cette confiance engendrera de la réussite. Ce cercle vertueux lui permettra d’acquérir une plus grande autonomie et d’arriver progressivement à faire le tri, lui même, des informations qui ne lui sont pas utiles pour atteindre son objectif.

L’idée n’est, bien évidement, pas de ‘mâcher le travail’ mais bien d’amener l’enfant à se poser des questions sur les savoirs qu’il a déjà et qu’il va pouvoir mobiliser, les techniques qu’il va pouvoir utiliser (comment vas-tu faire…?) et l’éclairer sur la finalité de cet exercice. Concrétiser ce que cet apprentissage va lui apporter au quotidien, comment il va pouvoir le réinvestir, dans quel domaine de sa vie ça lui sera utile pour faire des connexions qui pourront être réutilisées ensuite.

Il est également utile de lui demander ce qu’il a appris une fois l’exercice réalisé. Lui faire poser ses mots sur ce nouvel apprentissage pour qu’il s’ancre véritablement.

Il va sans dire qu’il est aussi très important de valoriser ce qui a été fait, même si tout n’est pas parfait, pour encourager et reconnaître l’effort qui a été fourni.

Cette vidéo du réseau Canopée permet de voir, concrètement, comment ça peut se mettre en pratique en classe (l’exemple se passe en maternelle mais peut tout à faire être transposé à tout âge et à la maison également).

Le cahier émotions des enfants de Gilles Diederichs

Le cahier émotions des enfants de Gilles Diederichs

Petit cahier pratique pour découvrir les émotions et les accompagner au travers de 50 activités.

Ce petit cahier peut permettre de désamorcer bien des choses il faut néanmoins que l’enfant adhère et je pense qu’il faut inscrire ces pratiques dans sa vie de tous les jours pour que l’enfant arrive à participer, même si la situation est conflictuelle.

Un outil bien sympa malgré tout notamment pour nous, parents, pour apprendre à mieux connaître les émotions qui peuvent traverser nos enfants.